Life is but a journey, an ephemeral and fragile one. Now it simply became bloody as well...
Jericho est de retour, et ses sbires ont remis en marche l’entreprise d’esclavagisme qu’ils semblaient avoir mis en veilleuse depuis quelques mois. N’importe quel survivant est une cible potentielle pour le regroupement de pillards et Dieu seul sait ce qui arrive alors aux pauvres âmes qui en sont les victimes… Le seul espoir des survivants de la ville s’incarne dans le maître d’orchestre de la seule victoire que les rescapés de Salem ont arraché à Jericho, Azad Kamrane. C’est-à-dire, l’homme derrière la chute de la Marion et qui a dans le même temps remis en liberté les esclaves que les Raiders avaient si durement rassemblés à l’intérieur des murs de la prison. L’Iranien a poursuivi les préparations de la lutte à venir, mais au-delà des questions concrètes qu’il lui faut considérer, plusieurs interrogations restent sans réponse. Qui sont-ils réellement? Que veulent-ils? Où sont-ils? Que font-ils de leurs victimes? Combien de personnes suivent Jericho? Autant d’inquiétudes auxquelles le leader des Offsprings devra très rapidement trouver des réponses…
CharteContexteFonctionnalitésBazarEspace PersonnelScénarios
A savoir
# Un event important est actuellement en cours ! N'hésitez pas à suivre son déroulement ici → An unreachable, yet invaluable prize...
#
Contexte
De l'humanité il ne reste presque plus rien. Derniers survivants face à la menace zombie, vous avez combattu la peur, la maladie et la misère. Six années se sont écoulées, combien de jours tiendrez-vous encore ? Nous sommes en 2017 et le monde a été plongé dans le chaos suite à une catastrophe biologique. Que vous veniez de Central City ou de contrées plus éloignées, votre course effrénée pour la survie vous a mené jusqu'à Salem, dans l'Oregon. L’accalmie qui régnait dans les derniers mois s’est terminé dans le sang et la douleur avec le retour des Raiders qui sont sortis de l’ombre dans laquelle ils se trouvaient. Ils ont depuis repris leur entreprise sombre, et tout être humain encore dans les environs, homme, femme et enfant sont à risque d’être faits prisonniers comme ils l’ont fait lors de leur arrivée en mars. Dans ce monde totalement changé, le danger rôde à chaque instant, et l’avenir de tous ceux se trouvant dans Salem est voilé d’une incertitude qui n’est pas près de se lever. Face à un tel raz-de-marée de sauvagerie, la survie de tous dépendra des actions individuelles de chacun... Et vous, qu'attendez vous pour nous rejoindre ?
Remerciements
Nous tenions à remercier le forum Never-Utopia grâce à qui le forum peut aujourd'hui connaître un renouveau. Un merci aussi à nos joueurs pour leur patience et leur soutien après tout ce temps. ZA n'est pas encore parfait, mais grâce à vous il vit. Un merci également aux administrateurs qui donnent de leur temps et ne cessent d'essayer d'améliorer le forum et le confort des joueurs...

Longue vie à ZA, et que la passion de l'écriture continue de nous lier, tous ensemble, dans cet univers.
Zombie Apocalypse
Saison 5 : A Battle for Freedom

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 Cody Pryam

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Fiche récapitulative de Cody
(Désolé, l'histoire étant plus longue j'ai dépassé de 10 000 caractères la limite de capacité du post cf plus bas pour l'histoire)


Thème musical




Cody Pryam

aka Malvis Fourlegs


Date et lieu de naissance : New-York - 17 février 1994

Métier pré-apocalypse : Lycéen - tantinet délinquant

Caractéristiques physiques et mentales
- Force : Niveau 1
- Endurance : Niveau 6
- Vitesse : Niveau 7
- Agilité : Niveau 7
- Immunité : Niveau 3
- Volonté : Niveau 3
- Réflexion : Niveau 3
- Charisme : Niveau 0


Rappel : 30 niveaux à répartir sur l'ensemble des caractéristiques.


Description physique

Décrire l'aspect physique de votre personnage en cinq lignes minimum

Cody est grand. 1m80, peut être plus, il ne s'est jamais mesuré. Cependant, il n'a pas été taillé dans la roche ce qui fait qu'il est mince, mais possède tout de même de la force pour rapidement passer la plupart des obstacles. Son poids n'excède pas 65kg par le manque de nourriture en outre.

Côté visage, il n'a rien envié des autres, sans pour autant que les autres ait à envier quelque chose de lui. Il ne cherche pas à plaire et par conséquent, prend peu soin de lui, mais ne se néglige pas dans l'absolu. Il vit du strict minimum syndicale. Tantôt les cheveux courts, il les garde longs souvent, préférant cacher une partie de son visage pour éviter d'être reconnu des autres. Ses yeux marrons noisettes n'attirent pas l’œil, ses traits fins le rajeunissant de quelques années, lui ont permis de pouvoir prendre en pitié certaines personnes pour de la nourriture. En matière de pilosité faciale, il est imberbe et compte bien le rester, la barbe lui faisant rappeler son père géniteur.

Malgré son visage de petit enfant, il n'en reste pas moins marqué de certains coups qu'il a subit durant sa vie, en outre à l'arcade droite où son ancien chef de pillards lui avait collé une correction pour lui avoir fait exploser de la soupe en plein visage. Beaucoup en ont rigolé. Pas lui. De plus, ce passage à tabac lui a valu un nez de cassé qui se remarque superficiellement.

Enfin dans son dos il y a des inscriptions marquées au fer rouge mais qu'à ce jour, aucune personne à Salem n'a pus voir.



Description psychologique



Imprévisible, instable et aucune confiance. Tout du moins envers les autres. Cody n'est ni plus ni moins l'incarnation parfaite du scepticisme humain : Il ne fait confiance qu'en ses propres capacités.

En plus de cette méfiance sans égal au genre humain, il est d'une véritable insubordination et ne réagit que de son propre chef. Son caractère solitaire agrémente d'autant plus son manque totale d'esprit d'équipe et préférera laissait tomber ses équipiers que de poursuivre une mission si cela devient trop dangereux à son goût (bien que cela soit rare par son esprit aventurier). Cependant, et paradoxalement, il œuvre à sauver quelques âmes perdues qui selon lui, mérite de pouvoir survivre dans ce monde apocalyptique.

Néanmoins, son aptitude chevaleresque est bardée d'une épaisse couche de provocation et de fierté qui tient à l'écart tous ceux qui tentent de le connaitre. Il ne mâche pas ses mots et dira ce qu'il pense à haute voix, poussant ses victimes à bout. Cela l'amuse, et plus la personne y répondra, plus Cody insistera, quitte à en arriver aux mains (quoiqu'il faut encore l'attraper...). Par son passé excessivement douloureux, il restera reclus sur lui-même et se morfondra très souvent sur les morts qui pèsent sur le peu de conscience qui lui reste.

Ceci étant, c'est un bidouilleur de nature et est un atout non négligeable en matière de bricolage d'explosifs et se révèlera être très coopératif lorsqu'il s'agit de "faire sauter des trucs".
 
Enfin, Cody reste un jeune gamin démuni de repère dans sa tête malgré son âge, et bien qu'élevé par la violence, sa jeunesse lui "cause" parfois des remises en question profonde mais non apparente dans son comportement, et peut s'avérer être un profil évolutif selon ce qu'il peut vivre. Tout ceci à long terme et avec beaucoup beaucoup de patience bien entendu...





Compétences de survie

₪ LE TIR

- Armes de poing : Niveau 2
- Armes d'épaule : Niveau 0
- Armes de trait et de jet : Niveau 0
- Fusil de précision : Niveau 0

₪ LE CORPS-A-CORPS

- Combat à mains nues : Niveau 2
- Armes courtes : Niveau 0
- Armes à une main : Niveau 2
- Armes à deux mains : Niveau 0

₪ LA PRÉDATION

- Cueillette, chasse & pêche : Niveau 2
- Fabrication de pièges : Niveau 2
- Traque : Niveau 2
- Camouflage : Niveau 4
₪ L'EXPLORATION

- Escalade : Niveau 8
- Reconnaissance : Niveau 6
- Exploration rurale : Niveau 3
- Exploration urbaine : Niveau 6



Rappel des niveaux à répartir : 20 niveaux en compétences de survie, 25 niveaux en compétences techniques et 25 niveaux de compétences à répartir librement entre survie et technique.






Compétences techniques

₪ AGRICULTURE
FBL
- Elevage : Niveau 0
- Plantations céréalières : Niveau 0
- Plantations fruitières : Niveau 0
- Plantations maraîchères : Niveau 0

₪ ARTISANAT
NTR
- Métallurgie : Niveau 2
- Maçonnerie : Niveau 0
- Menuiserie : Niveau 0
- Charpente : Niveau 0

₪ ELECTRONIQUE & INFORMATIQUE
NTR
- Electronique : Niveau 2
- Électrotechnique : Niveau 0
- Informatique : Niveau 0
- Programmation : Niveau 0

₪ EXPLOSIFS
SPE
- Bombes artisanales : Niveau 4
- Explosifs plastiques : Niveau 1
- Engins incendiaires : Niveau 3
- Grenades et lanceurs : Niveau 1

₪ MÉCANIQUE
NTR
- Mécanique auto & moto : Niveau 4
- Mécanique PL et engins : Niveau 0
- Mécanique Aéronautique : Niveau 0
- Carrosserie : Niveau 0

₪ MÉDECINE
FBL
- Chirurgie : Niveau 0
- Pharmacologie : Niveau 0
- Psychologie : Niveau 0
- Médecine : Niveau 2

₪ PHYSIQUE & CHIMIE
NTR
- Electricité : Niveau 2
- Optique : Niveau 0
- Chimie/Biochimie : Niveau 3
- Géologie : Niveau 0

₪ PILOTAGE
NTR
- Deux-roues : Niveau 3
- Automobile : Niveau 3
- Poids lourds et engins : Niveau 1
- Hélicoptère : Niveau 0


Rappel : N'oubliez pas de préciser quelles sont vos domaines de spécialités (SPE), neutres (NTR) et faibles (FBL) à côté du nom du domaine.
Rappel des niveaux à répartir : 20 niveaux en compétences de survie, 25 niveaux en compétences techniques et 25 niveaux de compétences à répartir librement entre survie et technique.



Dernière édition par Cody Pryam le Mar 8 Sep - 18:01, édité 20 fois
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Tu n'as pas posté ta fiche au bon endroit. Je l'ai déplacé, mais tu es prié de faire attention au procédure. Tu dois notamment signer le règlement avant d'être validé.

Cordialement,

Mastermind

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Bien le bonjour.

Navré de cette mauvaise manipulation, mes yeux semblent n'avoir pas avoir été dans leur trou à cette heure.

Merci de cette manipulation et m'excuse de la gêne occasionnée.
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Finition des caractéristiques terminée.
Orthographe et syntaxe retravaillée.
Ajout de la dernière partie "derrière l'écran".

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Et dire que j'ai loupé le bombardement de New-York... Ça a dû être un sacré feu d'artifice !
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Bonjour Cody!

Tout d’abord, je tiens à m’excuser du délai d’évaluation de ta fiche. Je souhaitais vérifier quelques détails avec mes collègues concernant un point sur lequel je savais qu’il me faudrait de l’aide pour faire une évaluation appropriée de ta fiche. Maintenant que c’est fait, commençons!

1- Le premier point qui m’a semblé problématique et sur lequel j’ai demandé de l’aide concerne l’expertise en explosion du jeune Cody. Ce n’est pas que c’est totalement improbable. Ce qui nous chicotte c’est le type d’explosif que tu as choisi et la magnitude de l’expertise de ton personnage pour un jeune homme fort peu studieux. Soit, tu sais faire des explosifs, mais des explosifs plastiques sont difficile à créer et requiert une expertise chimique que Cody peut difficilement avoir appris sur le tas, même en autodidacte. En revanche, des explosifs inflammable et artisanaux (ceux que tu sembles créer le plus souvent d’ailleurs) pourrait aisément être mis à 4, une fois que tu auras mis un niveau 3 en chimie. Pour ce faire. Réduit tes points en explosif plastique jusqu’à 1 et dispose ces 4 points de sorte à obtenir les deux 4 et le trois dont tu as besoin.

2- L’affaire des explosifs cachés chez le père d’accueil, me semble peu plausible. Un militaire ne serait pas habilité à ramener ce genre de chose de son service et l’homme n’a pas l’air du genre à aller sur le marché noir… Essaie de trouver une autre manière par laquelle Cody pourrait avoir été en contact avec quelque chose d’explosif.

3- La rapidité de l’infection dans ton histoire est inadéquate, le tout s’est passé extrêmement rapidement. Du premier cas jusqu’à la contamination, on parle en terme de semaines avant que les premiers cas se déclare outremer et certainement moins d’un mois avant que la situation ne dérape partout. Il faudrait donc que tu ajustes certain point de ton texte.

4- J’ai trouvé qu’il y avait étonnamment peu d’infecté dans un New-York emporté par une vague de peur. Essaie d’en ajouter au fil de ses courses dans la ville. Ça ajoutera du réalisme et un peu de mordant (sans mauvais jeu de mot).

5- Salem n’est pas Safepoint, rien de particulier ne s’y trouve et ce n’est qu’une ville infecté parmi les milliers d’autres. Il est donc impossible qu’il en ait entendu parler avant d’arriver là. Encore moins alors qu’il se trouvait à l’autre bout du continent à New York. En effet, nous somme dans la ville de Salem en Oregon, un détail fort important! Ce faisant, il faudrait que tu ajustes ce point également.

Lorsque tu auras terminé les modifications, écris à la suite de ce post et je ferai mon petit tour.

Cordialement,

Mastermind

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Bonsoir,


Je saisis les problématiques et pars de ce pas les résoudre. Je pensais que quelques semaines seraient un peu court, mais à priori non donc je vais corriger cela tout comme le fait du niveau de l'infection de new-york.


Pour les explosifs je pensais que les explosifs plastiques étaient plus simples à fabriquer... Mea culpa ! Je corrigerais cela aussi Smile


J'avais donc bel et bien incompris certaines choses par rapport à Salem, et ne connaissant pas le territoire américain je me suis renseigné et vis Salem au Nord de N-Y.  Décidément la géographie n'est pas mon fort... Je reformulerais tout ceci dans les prochains jours, peut être même ce soir si j'ai le temps.


A très vite.

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Et dire que j'ai loupé le bombardement de New-York... Ça a dû être un sacré feu d'artifice !
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Histoire pré-apocalyptique





 
Cody a passé une enfance difficile, à se faire tabasser par un père qui buvait et fumait, à en faire un cocktail molotov vivant. Ce dernier avait touché le fond. Sa mère finit par quitter le lieu de famille, sous terre, à l'âge de ses 8 ans. Cause du décès ? A votre avis... Mais aucune preuve pertinente que le père du jeune garçon avait pus finir sa femme. En tout cas, il finit en taule deux ans plus tard. Dix ans, plus de parents, le cursus scolaire à peine commencé, Cody n'avait rien pour lui. Il partit en famille d'accueil à l'aube du procès de son père, n'assumant aucune charge parentale à son égard.
 
Le nouveau chef de famille était un ancien militaire qui avait fait sa jeunesse dans les mines, mais à la retraite désormais. Cody resta quatre ans dans cette famille, enchainant les bêtises, allant de la simple farce de mauvais goût à la fugue de plusieurs jours. Plusieurs fois, il fut rapatrié par les policiers à son foyer de force, lorsqu'ils arrivaient à le serrer. Ce petit bougre âgé pourtant d'une dizaine d'années entamées, leur échappaient souvent par son agilité déconcertante et sa capacité à fuir en escaladant les rampants de mur et à leur jeter toutes sortes de projectiles pour semer ses poursuivants. Son père en riait même s'il advenait à être furieux par certains moments. Sa femme quant à elle, n'en pouvait plus. Pendant tout ce temps, le retraité narra ses aventures dans les galeries, ainsi que ses récits de guerre à son enfant ainsi que Cody qui étaient les seules choses qu'il écoutait au sein de sa nouvelle maison. Et lorsque son père adoptif, racontait son passé, il y avait souvent des coups de feu, des "boom" d'explosion accompagnés de grands gestes. Cody était comme absorbé lorsque l'histoire se vivait au rythme des rugissements que son second paternel abusait pour resplendir ses paroles. Il voulait voir ce que cela faisait. Il en rêvait de manière récurrente durant ses nuits : "Comment c'est une explosion ?"

Après plus de trois ans à écouter ces contes, Cody finit par prendre son courage à deux mains et demanda à son père :


- Comment c'est une explosion ?


Le vieux le regarda d'un air surpris, presque hébété. Puis il sourit et se mit à rire. Il frotta la tête du petit puis lança :

- Tu sais fiston, t'auras tout le temps de l'apprendre ça ! Tu verras quand tu seras plus grand !

Cody n'en démordit pas et s'entêta.

- Je veux voir un "BOOM", mimant de la même façon son père.

L'enthousiasme et le fait que l'adopté insiste déstabilisa le parent après plusieurs semaines où Cody continuait de le harceler. Avait-il était trop loin dans ses histoires ? Peut-être. Cependant, un jour, il eut une idée.

- Viens avec moi, je vais te montrer.

Il le prit avec lui et partit chercher dans un magasin de farce et attrapes un petit sachet de pétards de différentes tailles. Cody hurla de joie et fut tout excité à l'idée de les utiliser. Mais pour le père, c'était dans un autre but que de lui faire plaisir. Il fallait qu'il y prenne peur, que cela calme ses ardeurs vu la dangerosité de son engouement. Ils revinrent tous deux à la maison pour emmener Ryan pour être sûr qu'aucun de ses deux fils ne s'amusent avec et comprennent que ce n'était pas un jeu.

Il demanda à ses fils de les attendre dans la voiture puis monta à l'étage, et entra dans sa chambre. Il souleva une petite trappe sous le lit et prit un des bâtons de dynamite qu'il gardait en souvenir de son époque dans les mines. Il regarda fixement les trois explosifs restant, se perdant dans ses pensées. Il connaissait Cody mieux que quiconque. Il savait comment le petit fonctionnait. Et il savait que ce dernier avait dû garder ça en tête depuis un moment. Ses mains devinrent moites, comme s'il sentait qu'il allait faire la pire erreur de sa vie. Mais maintenant que le jeune avait pris son courage à deux mains, faire machine arrière n'était plus possible. Plus le père résisterait, plus Cody s’acharnerait à obtenir ce qu'il veut. Lui aussi était comme ça plus jeune. Curieux que Ryan n'ait rien demandé, mais autant faire d'une pierre, deux coups. "Pardonne-moi Sarah..." murmura-t-il en fourrant un bâton de dynamite dans la poche intérieur de sa veste. Il espérait qu'il n'aurait pas à l'utiliser, que les pétards suffiraient à faire assez peur pour que tout ceci s'arrête. Le paternel déglutit, la sueur imbibant ses aisselles.


*****

Les trois compagnons arrivèrent dans un vieux champ abandonné hors de la ville. On pouvait voir dans les yeux de Cody, une joie sans mesure, une étincelle de vie à en embraser le regard de quiconque croisait le sien. Son père adoptif n'avait jamais rien vu de tel alors qu'ils s'étaient côtoyés pendant quatre ans. Le fait que tout ceci soit une mauvaise idée se souleva en lui en un instant. "Et si j'avais tort de faire ça ?" se disait-il. "Et si Cody en demandait plus ?" Les deux jeunes couraient entre les hautes herbes.

Il savait Cody instable, mais pas déséquilibré. Il avait passé ces dernières années dans une famille américaine des plus standards, avec un cadre de vie normal. Même si ce dernier n’en finissait pas avec ses bêtises, il avait progressé socialement. Il était moins enclin à faire n’importe quoi et à provoquer son entourage. Mais était-ce là qu’une façade ou une base fragile d’une nouvelle éducation ? Les "Et si ...?" s'enchainèrent si bien qu'il tituba en se prenant le pied dans une motte de terre.

- Des taupes... murmura-t-il.

Un bon exemple pour montrer à quel point explosif pouvait être terrible, voire mortelle. Il appela les deux garçons et sortit un petit pétard de la sacoche précédemment achetée. En petit cercle, le père prit la parole :


-          Je vais l’allumer. Et dès que la mèche aura pris feu, je veux que vous vous écartiez d’ici en courant. Vous m’avez compris ?


Il alterna son regard entre celui de Ryan, quelque peu anxieux, et Cody, toujours plus émerveillé de ce qui se passait. Tous deux s’abstinrent de commentaires. Ils hochèrent simplement de la tête en guise d’acquiescement. Le père sortit un briquet et l’approcha lentement de la mèche.


-          Vous êtes prêt ?
-          Oui, dirent les petits spectateurs d’une même voix.


Il alluma le pétard et s’écarta en leur ordonnant de faire la même chose. Cody obéit sans l’ombre d’une hésitation, Ryan aussi, mais pour lui, c’était naturel. Au bout de quelques secondes, il y eut ce fameux bruit d’explosion qui résonna dans les alentours. Ryan poussa un cri de surprise.


-          C’était génial ! Encore ! s’exclama Cody.


Pour Ryan, il était clair que cela ne l’enchantait pas plus. Mais les doutes du père sévirent quant à la réaction de l’adopté.


-          D’accord Cody. Ryan, tu veux en voir un autre ?
-          Ca fait mal aux oreilles, répondit-il.
-          Alors reste à l’écart. J’en fais exploser un dernier pour Cody et on rentre.
Il s’exécuta alors que l’autre petit, téméraire, revint rapidement. Puis il constata :
-          Mais il a disparu !
-          Oui Cody, c’est normal. Il explose. Et quand il explose, il disparait.
-          Ca peut faire disparaitre autre chose ?
Sa question était pertinente et pleine de sens. Cody semblait fasciner.
-          Oui ça peut faire disparaitre autre chose, comme ton frère, toi, ou moi.


Il n’avait pas ménagé ses mots. Il voulait lui faire comprendre que cela pouvait être très dangereux. Cody, s’abstint d’une nouvelle question, mais le père était sûr que le gamin en avait d’autres.


****

Les jours passèrent et Cody redemanda secrètement à son père de retourner dans le champ. Son père s’y refusa et le garnement ne mangea pas pendant deux jours entiers. Au troisième, le père céda et l’emmena de nouveau. La même étincelle brillait dans les yeux du jeune. Cela donna une idée peu orthodoxe pour le quinquagénaire qui essaya son plan lorsque Cody fit le mur pendant deux jours et une nuit. Il le prit à part et dit d’un ton ferme :


-          Si tu recommences, nous n’irons plus au champ.


Son chantage fonctionna et Cody s’exécuta à être agréable. Le soudain changement de comportement du petit surpris la mère qui commença à s’interroger. Elle questionna son mari qui fit mine de ne pas comprendre non plus. Il avait honte de son mensonge, mais il était évident qu’elle n’aurait jamais accepté un tel agissement.
Puis un jour, lorsque Cody et son père furent tous les deux dans le champ, l’enfant l’interrogea d’une question qui le rongeait depuis le premier jour. Il fixa son paternel et dit très sérieusement :


-          Pourquoi tu as emmené un bâton de dynamite le premier jour qu’on est venu ici avec Ryan ? Pourquoi on l’a jamais fait exploser ?


L’homme fut déstabilisé, ne s’attendant pas à une telle question. Cody l’avait très certainement espionné. Et maintenant il le prenait à la gorge, sans que le père puisse feindre quoique ce soit. « Vicieux ». C’est ce que le plus vieux se murmura dans sa tête. Il avait été berné par un adolescent avide de destruction.


-          Cody… Pourquoi est-ce que tu aimes ça ? Tu sembles te réveiller soudainement lorsque nous venons ici tous les deux ? Qu’est ce qui se passe ?
Son interlocuteur ne lâcha pas un mot.
-          Réponds-moi s’il te plait. Qu’est ce qui ne va pas ?
Soudain, une larme coula de l’œil droit de l’enfant.
-          Est-ce que c’est mal ?
-          Ça pourrait blesser quelqu’un tu sais…
-          Est-ce que c’est mal ? répéta-t-il.
-          Tu aimes ça ? Vraiment ?
Cody hocha de la tête.
-          C’est grave papa ?
-          Non non pas du tout… On va aller voir quelqu’un pour soigner tout ça d’accord ?
-          Alors je suis malade ?


Le père se mordit les lèvres. Il s’était mal exprimé. Tout ce qu’il avait planifié pour Cody s’effondrait comme un château de cartes. Et il commençait à saisir la gravité des circonstances. Le jeune était obsédé par les explosions, comme un pyromane le serait face au feu. Des larmes embuèrent ses yeux. L’enfant avait trop vécu d’horreurs pour en ressortir sain d’esprit. Et maintenant, c’était la naissance d’un monstre qu’il voyait en lui.


-          Non Cody, tu n’es pas malade. C’est juste que tu aimes des choses différentes des autres. Des choses que tu ne devrais pas aimer. Pas autant que ça tout du moins.


En rentrant, le père dit au jeune de monter dans sa chambre et finit par avouer à sa femme ce qu’il avait fait dans la cuisine pour ne pas être entendu. Cette dernière lui mit une gifle, les yeux larmoyant. Elle commença à hurler que c’était n’importe quoi, qu’elle savait qu’il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond avec l’enfant. Son mari lui expliqua qu’il fallait mieux aller voir un psychologue afin d’éradiquer le problème rapidement, la mère s’accordant du fait que si cela ne fonctionnait pas, elle renverrait Cody en maison de redressement ou elle quitterait la maison avec Ryan. Puis elle rugit de plus belle pour décréter qu’elle ne vivrait pas avec un monstre à la maison.
Le lendemain, la famille désemparée emmena Cody voir un psychologue, un ami de longue date du père, qui avait travaillé pour la réadaptation des marines dans la société. Après trois mois de séances, l’ami vint chez eux afin de leur donner un compte rendu.


-          Phil, Cathy. Je vais être franc avec vous. J’ai connu des cas extrêmes, bien pire que celui de Cody. J’ai mis beaucoup de temps avant de les lâcher dans la nature. Aucun ne m’a fait faux bond depuis. Mais chez ce jeune, c’est très compliqué. Je vais avoir besoin d’énormément de temps. Il possède un vécu terrible. J’ai réussi à lui faire dire des choses qu’il ne vous a jamais dites et que je ne pourrais vous transmettre. C’est à lui de le faire.
-          Bon sang Rob… On est ami. C’est notre fils ! Il faut que l’on sache ce qu’il a dans la tête ce gosse !
-          Phil, s’il te plait. C’est déjà très troublant d’avoir des discussions aussi atroces avec un garçon qui n’a même pas atteint l’adolescence. Il a fait des progrès, mais c’est infime comparé au travail qu’il reste à faire. C’est comme si toutes ses facultés mentales étaient attirées uniquement vers les explosions. Il me ramène encore des pétards aux séances. C’est le seul moyen pour l’instant que je trouve avec lui pour parler. Il en utilise de moins en moins, mais ça reste fréquent.


Cathy se mit à pleurer, son mari tenant fermement sa main avec la sienne.


-          Pour clarifier la situation…
Rob tourna la tête vers les enfants qui jouaient dehors.
-          …Je vais tout essayer pour le faire devenir normal. Mais je ne vous garantis rien. Contrairement à un marines dont l’enfance a été façonnée plus ou moins de manière normale selon le degré de l’échelle sociale de leur famille, Cody a, quant à lui, été façonné dans la violence, la peur et l’hystérie de son père. C’est très clairement à cette époque qu’il y a eu un évènement qui l’a bouleversé, sans qu’il le sache lui-même. Il a fui son père sans cesse quand il était gamin, et je pense qu’il fait pareil avec ses problèmes mentaux. Il fuit ses démons, mais ils finissent toujours par revenir. On en a la preuve aujourd’hui.
-          Combien… Combien penses-tu que cela va te prendre ? demanda Cathy.
-          Je n’en sais rien, je suis désolé. Comme je vous l’ai dit, et vous avez pu le remarquer, Cody est un enfant très perturbé. Il est similaire à des marines qui sont totalement déshumanisé après avoir passé des mois en enfer. L’inquiétude que j’ai en ce moment, c’est l’amplitude des dégâts qu’il a subit depuis sa naissance. Je vous le confie, mais ne lui répétez jamais, compris ?
-          Oui, dirent les parents.
-          Cody possède une excellente mémoire visuelle, et il m’a raconté qu’à l’âge de ses six ans, il a vu sa mère se faire violer par son père, mais aussi par d’autres personnes.


La mère poussa un « Mon dieu » camouflé par sa main devant sa bouche.


-          Que… Que s’est-il passé par la suite ? demanda Phil.
-          Le père de Cody le remarqua et tenta de l’attraper. Le petit a voulu fuir par la porte d’entrée mais celle-ci était fermée. Il a été attrapé par les cheveux puis balancé contre le mur et s’est fait ruer de coups. Il a perdu connaissance pendant que son père s’acharnait sur lui. Lorsqu’il reprit conscience, il était sur son lit, sa mère à ses côtés. Il la vue le visage amoché, les larmes aux yeux, mais elle le soignait. Cependant il ne souvient plus de ce qu’elle lui avait dit, mais il l’aimait réellement. Je pense d’ailleurs qu’il s’en veut de sa mort.
-          Son père est vraiment un fils de…
-          Oui je pense pareil Phil. Mais sachez que ce qu’il vous fait subir à vous deux, ce n’est rien comparé au cauchemar qu’il a enduré. Ce qui m’intrigue dans un deuxième temps, c’est qu’il n’ait pas sombré dans la violence. Il n’en est presque jamais venu aux mains avec quelqu’un. Mais je demande pourquoi les explosifs. Pourquoi il aime la destruction sous cette forme. C’est très déroutant.  Je finirais par savoir. En attendant, faites de votre mieux. Je comprends que son comportement puisse être difficile à vivre, mais vous avez, vous en tant que parents, le pouvoir de modifier sa perception de la vie. J’y travaillerais de mon côté aussi, mais vous êtes la base de sa nouvelle existence.
-          Nous ferons ce que nous pourrons… sanglota Cathy.
-          Autre chose… Cody est très attaché à son frère. Leur caractère respectif les différencie totalement, et pourtant il aime votre fils comme un réel frère.
-          C’est pour ça qu’il l’emmène dans ses fugues ? demanda le père.
-          Oui, tout à fait. C’est ça façon à lui de montrer à Ryan son monde, son affection, son mode d’amusement. De lui montrer qui il est finalement.
-          Et moi qui pensais avoir tout vu avec ce gamin…
-          C’est difficile je le conçois. Mais le pire reste à venir, je le sens lorsque Cody me parle. Il y a quelque chose qui le tracasse mais ne m’en parle pas. Faites très attention. Je ne sais pas ce qu’il prépare, mais votre action va être déterminante pour la suite. Il faut absolument que vous le gardiez à l’œil, comme votre plus jeune fils. Même si il ne lui arrivera rien de la part de Cody, il se pourrait qu’il entraine malgré tout dans quelque chose de mauvais. Enfin, sachez qu’il vous aime aussi. Il ne le montrera pas, ne le dira pas, mais se référencie très souvent à vous, en particulier à toi Phil. C’est surement dû au fait que tu aies réveillé en lui cette fascination pour l’explosion.


Cathy regarda son mari durement, bien que son visage soit défiguré par la tristesse et la pitié qu’elle avait pour le petit.


-          Je vais vous laisser, j’ai encore d’autres patients à aller voir. Mais n’oubliez pas. Ce que vous faites pour cet enfant, c’est lui sauver la vie. Et il vous en sera reconnaissant tôt ou tard.


Il se leva suivit des deux parents. Il leur donna une accolade avant de repartir. Lorsqu’il quitta la maison, la mère prit la parole :


-          Et si on n’y arrivait pas ?
-          On y arrivera chérie. On peut pas laisser un gamin comme ça. Si l’on ne fait rien, qui sait ce qu’il deviendra plus tard ? Je ne veux pas être l’auteur d’un monstre.
-          Et pour Ryan ?
-          Tu as entendu Rob. Cody ne lui fera jamais de mal. Et puis regarde-les. Ça se voit qu’il ne le blessera jamais. Il s’amuse bien ensemble.


*****
Deux semaines plus tard, c’est lors d’une nuit dans un terrain vague écarté des habitations que tout a basculé pour la famille, et pour Cody. Ce dernier emmena son petit frère et lui chuchota qu’il avait une surprise. Ils s’agenouillèrent dans les herbes hautes, sous la faible lueur de la lune.


-          Alors c’est quoi la surprise ? demanda Ryan.
Son frère était souriant, fier, excité plus que jamais. Il répondit :
-          Attends… Regarde... farfouillant dans son sac.
Ryan ouvrit grand les yeux et recula d’un bond.
-          Qu’est ce que… Qu’est ce que c’est ?!
-          C’est de la dynamite ! C’est comme un gros pétard ! dit-il en lui tendant le bâton.
-          Je… J’y touche pas ! Où est-ce que tu as eu ce truc ?!
-          Je l’ai volé à Papa. La première fois qu’on est venu ici, il nous avait demandé de l’attendre dans la voiture mais je sais pas pourquoi, je me doutais d’un truc ! Alors je l’ai espionné et il avait ça de cacher sous le lit ! Il en avait pris mais on l’a jamais fait exploser.
-          Mais Papa va être furieux !
-          Mais non t’inquiète pas, il en a encore deux autres en souvenir !
-          Tu sais très bien que j’aime pas ça !
-          Oh aller ça va, fais pas ta chochotte. On le fait juste exploser comme le premier qu’on a vu ensemble et on rentre.
-          Tu crois pas que ça va réveiller du monde ?
-          Mais non ! On est loin des gens ! Et puis si c’est comme les autres, personne ne va rien entendre !
-          Je sais pas Cody, j’aime pas trop cette idée…
-          S’il te plait ! Reste avec moi ! Je suis ton frère quand même ! J’ai toujours été là pour toi !
-          Oui mais déjà que Papa et Maman m’avait dit de plus te suivre la nuit, là tu as carrément pris un de leurs souvenirs !
-          T’inquiète pas ! Je dirais que c’est de ma faute d’accord ? Et je leur dirais que je prendrais ta punition !
-          Bon ok… Mais c’est bien parce que c’est toi. On fait juste exploser ça et on rentre hein ?
-          Croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais en enfer.



C’est peut-être ici que Cody n’aurait jamais dû jurer.


Il posa le bâton de dynamite par terre et le fit tenir à la verticale avec de la terre. Le jeune adolescent était impatient, ses gestes étaient parfois brusques telle son excitation l’empêchait de rester calme. Il sortit le briquet de son père mais ne parvint pas à l’allumer par ses mains suintant de sueur. Ses yeux se tournèrent vers Ryan puis il lui dit :


-          Vas-y, allume-le.
-          De… De quoi ? Moi ?!
-          Oui ! Je veux que ça soit toi qui le fasses ! Et puis même, j’arrive pas à faire une flamme avec le briquet !


Le plus petit déglutit et pris le briquet et il fit tourner le mécanisme. Au bout de la troisième tentative, du feu sortit du gadget.


-          Génial ! Allume et ensuite on court !


Les mains de Ryan se mirent à trembler quand il s’approcha de la mèche. Puis celle-ci prit feu et commença à se consumer. Les deux frères se mirent à courir pour s’écarter de la dynamite. Mais au bout d’une dizaine de seconde, il n’y avait toujours pas eu d’explosion.


-          Pourquoi c’est si long ? demanda Ryan.
-          Je n’en sais rien ! Reste là, je vais voir !
Cody s’approcha de nouveau de leur « jouet » et remarqua que la mèche ne se consumait plus. Seul un petit résidu rouge continuait de légèrement scintiller sur la mèche.
-          Merde elle s’est éteinte je crois !
Ryan revint sur ses pas à son tour et remarqua :
-          Bah peut être qu’elle est trop vieille ! Papa disait qu’elle datait de son époque quand il travaillait dans les mines.
-          Tu crois qu’elle n’exploserait plus alors ?
-          J’en sais rien, peut être !
-          Bon, on réessaie de l’allumer et si ça marche toujours pas tant pis on rentre.


Mais le destin en décida autrement et la mèche se ralluma soudainement brûlant rapidement le reste de répit qu’il restait aux deux jeunes.


-          COURS ! hurla Cody.


Ce dernier prit Ryan par le col rapidement pour s’écarter du danger. Mais ce fut trop tard. La dynamite explosa, rugissant plus fort que n’importe quel orage que Cody avait pu entendre. Une gigantesque lumière éclaira les environs et une force invisible les propulsa violemment dans les airs avant de retomber sur le sol. Les oreilles de Cody sifflaient d’un intense bruit aigu qui l’empêchait d’entendre. Sa vision était floue et des morceaux de terres lui tombèrent sur le visage. Il tourna lentement la tête vers son frère qui lui, était inconscient, l’oreille gauche laissant apparaitre un filet de sang qui s’écoulait le long de son visage. Cody l’appela, sans que lui-même puisse s’entendre. Il hurla , sa voix lui paraissant comme un écho lointain. Il se mit difficilement à genoux à côté de lui et commença à pleurer, secouant son frère qui semblait sans vie.


-          REVEILLES TOI RYAN ! REVEILLES TOI ! ALLER PUTAIN !


Il prit son petit frère sous les bras et le traina au pied d’un arbre et le posa dos au tronc. Cody posa ses mains sur les joues de Ryan et le regarda avec ses yeux qui scrutaient le moindre mouvement d’un signe de vie.


-          Me fais pas ça ! Je suis en vie Ryan ! Aller t’es pas une mauviette ! Réveilles-toi !


Rien n’y faisait, il restait inconscient. Au bout de quelques minutes, des voitures aux lumières et à la mélodie connue de Cody retentirent dans les alentours.


-          Qu’est-ce que j’ai fait… Qu’est-ce que j’ai fait ?! cria Cody.


Les forces de l’ordre arrivèrent sur place rapidement, pistolet en main. Ils envahirent le terrain et les encerclèrent.


-          Ce sont les deux jeunes O’Connel ! dit un policier. Qu’est-ce qu’il s’est passé ici Cody ?!
-          Je suis désolé… Je suis désolé…Je voulais pas… répondit Cody larmoyant, en train de serrer son frère.
-          Putain de…


L’agent comprit immédiatement et se jeta sur eux. Il éjecta sans difficulté Cody.


-          Chopez-le ! ordonna-t-il à ses équipiers.


Cody n’exprima aucune résistance, continuant de fixer son frère inerte. Le policier prit le pouls de l’inconscient et rassura son équipe.


-          Il a juste perdu connaissance.
Il activa son talkie et reprit :
-          Central, ici Sergent Baritt, envoyez-nous une ambulance immédiatement au terrain vague au sud-est de Battery Park ! On a un enfant inconscient et blessé ! Appeler aussi la famille O’Connel pour leur dire que leur fils va être hospitalisé d’urgence et qu’on emmène leur deuxième enfant au poste.
-          Ici central, bien compris. Prévoyez une dizaine de minutes avant que les secours n’arrivent.


L’homme se tourna vers Cody et le regarda d’un air haineux :


-          T’as été trop loin cette fois Cody. La comédie a assez duré, maintenant tu vas répondre de tes actes.
 
Après avoir passé une heure et demie au commissariat dans une cellule, l’agent Baritt arriva avec le père de Cody. Ses yeux étaient littéralement rouges par les vaisseaux sanguins qui avaient explosé dans ses yeux inondés de larmes. Il regarda l’enfant sans aucune expression, mais le petit percevait une mauvaise aura qui se dégageait de son paternel. Lorsque l’agent ouvrit la porte de la cellule, Phil se jeta sur Cody pour le frapper en hurlant :


-          QU’EST-CE QUE TU LUI AS FAIT ESPECE DE MALADE ? QU’EST-CE QUE TU LUI AS FAIT ! ON T’AVAIT TOUT DONNE ! ENFOIRE !


Phil était hors de contrôle et serra ses mains autour du cou de Cody. Le policier tenta de le retenir mais il fut expulser contre les barreaux.


-          GARDES ! CELLULE 5 VITE !


Baritt sauta à nouveau sur le père en coinçant la tête entre ses bras. Deux autres agents arrivèrent au même moment et tous trois finirent par maitriser le père qui était devenu rouge écarlate, le visage déformé par la fureur. Cody reprit son souffle, regardant désemparé celui qu’il avait appelé père. L’homme qu’il venait de voir lui faisait peur. L’homme qu’il venait de voir était comme son géniteur. Il se mit à pleurer lui aussi.
 
L’enfant posa le dos de sa main sur ses lèvres et vit qu’il saignait. En voyant ce sang, son passé refit surface soudainement. Des images qu’il avait oubliées défilèrent devant ses yeux. Il se mit à crier en s’arrachant les cheveux.


-          NAN ! LAISSE-MOI !


Son corps frêle se recroquevilla sur lui-même, malmené de spasmes incontrôlables qui semblait rompre son corps par la violence des mouvements.


-          APPELEZ L’INFIRMERIE ! LE PETIT EST EN TRAIN DE DELIRER !
 
*****
 
Quelques jours plus tard, la vie des O’Connel bascula en un véritable cauchemar. Ryan fut rétablit, les médecins déclarèrent que ce dernier avait perdu toute faculté auditive au niveau de son oreille gauche. Une enquête fut ouverte.
 
Dans un même temps, Cody fut renvoyé de sa famille d’accueil pour revenir dans son ancienne maison de redressement en attendant son procès. Les parents O’Connel portèrent plainte pour coups et blessures, mise en danger d’autrui avec tentative d’homicide involontaire. Cependant en parallèle, la femme de Phil demanda le divorce de son mari ainsi que la garde de l’enfant et le mari poursuivit pour détention illégale d’explosif ainsi qu’attaque et violence sur mineur ainsi que sur les forces de l’ordre.
 
Néanmoins, Cody voulu abandonner les charges à l’encontre de son père. Ryan qui voyait ça comme la punition de son frère, le protégea, affirmant qu’il avait été consentant et que ce dernier n’avait pas le droit d’être puni. Rob, le psychologue qui avait suivi Cody, dévoila le dossier qui le concernait et aggrava le cas du jeune adolescent. Pendant son jugement qui dura deux ans, Cody chercha de manière obsessionnelle des informations sur les explosifs quel qu’ils soient sans réel succès et sur n’importe quel support ; Internet, livres, mais principalement dans les rares films qu’il vit. Même si cela relevait de l’irréel, le garçon devint intellectuellement très productif en matière d’imagination d’engins explosifs. Malgré tout, et par la protection de Ryan, les juges finirent par décréter une peine de cinq mois dans un camp militaire et sept mois de travaux publics forcés, avec un soutien psychologique tout au long du sursis, et si cela s’avérait nécessaire, à continuer le suivit après la peine.
 
C’est lorsqu’il entra dans le camp militaire pour jeune délinquant qu’il put mettre en œuvre sa dangereuse créativité. Très vite, Cody fut pris pour cible par sa carrure physique ingrate. Non pas qu'il soit laid, sans pour autant être un mannequin, mais sa morphologie avait pris le pli de ses multiples escalades incessantes, auxquelles il continuait sans cesse de pratiquer. C'est ainsi qu'il put échapper à la plupart des savons qu'il devait subir au camp de redressement. Il ne savait pas se battre, mais il savait fuir, et surtout, il savait semer ses poursuivants avec de ridicules explosifs artisanaux. Cela n'était pas mortel, mais le bruit n'en restait pas moins efficace pour apeurer la menace.
 
Quelques jours plus tard après avoir purgé sa peine, et à l'aube de ses 17 ans, il rentra à nouveau en maison de redressement, sans savoir ce qu’il s’était passé entre ses anciens parents qui avaient coupé les ponts avec lui, et appris rapidement ce que nous savons tous aujourd'hui.
 
L’enfer venait de lui ouvrir ses portes.

_________________________________________________


Et dire que j'ai loupé le bombardement de New-York... Ça a dû être un sacré feu d'artifice !


Dernière édition par Cody Pryam le Lun 27 Juil - 14:08, édité 2 fois
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Périple de l'apocalypse

 

L'acharnement du sort ne s'arrêta pas là, comme si j'étais une version expérimentale malheureuse du destin. Après les différentes informations sur cette maladie, tout est parti en couille. On est pas resté cloîtré longtemps dans ce putain de centre. Et plus les jours passaient, plus on entendait parler des cas de la maladie qui se répandait à travers le monde. D'te façon, fallait bien que ça nous tombe dessus un jour ou l'autre.
 
Ca faisait trois ou quatre semaines, pas plus, que tout avait commencé. Je m'en souviendrais pour toujours. On nous avait réveillé en pleine nuit, un surveillant hurlant en panique que plusieurs cas avait été identifié, et qu'y'avait même des morts qui se baladaient dans certains quartiers. J'ai failli me pisser dessus, sans rire. Il hurlait que la ville était contaminée, qu'on allait finir en quarantaine, qu'on allait tous crever. C'était le bordel. Les plus jeunes criaient, et d'autres débiles voulaient sortir exploser des crânes de zombies comme dans les films. Foutez-vous de ma gueule, y'en pas un qui aurait les couilles de taper ces trucs quand on sait que même l'armée en Europe n'avait pas su endiguer le problème.
 
Une autre pionne entra dans les dortoirs et tenta de calmer l'hystérique qui hurlait de fuir pour sauver nos vies. Mais ça se voyait, elle avait les chocottes. Elle nous demanda de la suivre pour sortir de l'établissement et fuir vers des points d'extractions de fortune que les militaires avaient établis. Ta sœur, je vais pas te suivre. Ouais, "ta sœur" c’était mon expression. Je trouvais ça plus distingué que de dire ta mère. Plus respectueux aussi, même si je pouvais faire un gros doigt au premier passant.
 
J'ai pris mon petit sac à dos que j'avais piqué du camp militaire où j'avais soulevé des cailloux à bout de bras pour m'apprendre la discipline. Ma première idée ? C'était retrouver ce con de Ryan-le-sourd, la seule personne pour qui j'avais de l'affection. Alors qu'on se dirigeait vers la sortie pour prendre le bus réservé à notre établissement, je me suis tiré discrètement dans les chiottes du rez-de-chaussée et suis passé par le petit encadrement de la fenêtre. Rien à foutre d'où ils allaient, moi je voulais retrouver mon petit frère avant de partir.
 
Son quartier était pas loin de chez moi. Enfin tout dépend d'la notion qu'on avait de "pas loin". Y'avait une heure de marche, environ 30 minutes si je tenais mon rythme de course. Je courais dans le jardin de mon ancienne prison. J'allais être enfin libre de toutes ces conneries de correction comportemental. Je me suis retrouvé face au mur de l'enceinte, d'environ 2 mètres 50 au bas mot. Infranchissable pour ces débiles, un jeu d'enfant pour moi. C'était comme monter un escalier. Arrivé au sommet de la "muraille", j'entendis des pneus crissaient, puis un choc. Une bagnole qui s'était foutue en l'air certainement. Merde alors. C'était tant le bordel que ça là-bas ?
 
J'ai commencé à courir dans les ruelles qui arpentaient autour de la maison. Je les connaissais par cœur pour les avoir empruntées des centaines de fois. Puis arrivé à l'une d'entre elles qui menait sur une avenue, je vis des bagnoles encastrées dans les murs et les vitrines des magasins. Y'avait des gens qui couraient partout, qui hurlaient. La route était impraticable, les voitures abandonnées bouchaient la voie, les habitants préférant fuir à pied.
 
Putain ! J'en avais des frissons. C'était pareil que dans les films, mais là, c'était du vrai ! Ma gorge se noua, mes pas furent lent pour arriver jusqu'au bout de la ruelle. Je flippais, vraiment. Et le pire, c'est qu'il fallait que je pisse. Ca pouvait plus attendre là. Trop de stress, fallait évacuer d'une manière ou d'une autre. J'ai fait quelques pas en arrière et me suis vidé derrière deux grosses poubelles qui avaient été saccagées.
 
Je suis revenu sur l'avenue qui ressemblait à un véritable champ de bataille. Tout le monde courait vers le nord. En regardant dans le sens inverse de la voie, il y avait toute une foule qui arrivait hurlant de panique, mêlé à des rugissements bizarres. En montant sur le toit d’une voiture j’ai pu voir ce qui faisait ce bruit-là. Y’avait des types qui tombaient à la renverse car ils s’étaient plaqués par derrière. J’arrivais pas à distinguer correctement les détails, mais je crois bien que c’était ce que je pensais : des zombies, aussi dingue que ça puisse paraitre !
 
Je n’ai pas hésité une seconde de plus. J'ai tracé tout droit, traversant la route et glissant sur les capots des bagnoles. De l'adrénaline se déversa dans tout mon corps. Ma peau s'hérissa. Je ne réfléchissais plus, je fonçais juste vers la maison de Ryan. J'ai couru, passant par dessus des murets pour raccourcir mon trajet. Et ça ne me fatiguais pas. Je n'étais pas hors d'haleine, comme si j'étais devenu infatigable.
 
Et lorsque je traversais les différents quartiers, c'était le même souk. Ca hurlait, ça explosait, ça fuyait, j'ai même vu une voiture fauchait plusieurs passants. Il commençait à y avoir des mort-vivants partout qui bouffaient les cadavres par terre. D’autres poursuivaient ceux qui fuyaient. Plusieurs fois, j’avais vu des gamins éventrés par terre, les boyaux rampants sur le sol. J’en avais des nausées. C’était impossible. Pas dans notre monde. Y’a que dans les films que ça se passait comme ça ! En jetant de bref coup d’œil sur ce bordel, je me pris un poteau pleine gueule. Le cul par terre, je fus un peu sonné sur le coup mais j’ai vite repris mes esprits. Un gars devant moi titubait, les vêtements ensanglantés et le visage défiguré de morsures. J’étais incapable de me relever. Je reculais en poussant de mes talons et en m’appuyant sur mes mains.

-          LACHE MOI ! LACHE MOI !

Au même moment, une voiture percuta le truc et s’encastra dans une clôture. Le conducteur ouvrit la portière et voulu s’échapper mais la ceinture le retenait. La fille a côté de lui était devenue un zombie et l’attrapa pour le bouffer.
 
PUTAIN ! PUTAIN ! C’EST QUOI TOUT CE BORDEL ?! C’était aussi la panique générale ici que dans ma tête ! Mon corps m’obéit de nouveau et j’ai détalé d’ici.
Des sirènes se mirent à retentir. Des sirènes flippantes. Indescriptibles. Mais rien qu'à l'entendre, elles vous glaçaient le sang. Vous saviez que c'qui allait suivre, ça n'avait rien de bon. Des larmes de panique embuèrent mes yeux. C'était juste impossible à retenir. J'ai continué ma course jusqu'à arriver dans le quartier de Ryan. La plupart des maisons avaient été abandonnées ici. Y'avait encore des pékins ça et là qui finissaient de bourrer leur voiture de vivre et de vêtements. Je crois même avoir vu un paquet d'armes trainé à l'arrière de l'une d'elles. J'ai pas cherché à comprendre. Ryan n'était plus très loin. J'ai pris une rue à gauche, puis à droite et finit à bout de souffle cette fois-ci, devant la boite aux lettres des O'Connel. La porte d'entrée était ouverte. Y'avait pas de voiture. Donc pas de petit frère. J'y suis quand même aller, je voulais être sûr de ne pas le louper.
 
J'ai repoussé la porte à la volée. La maison était sans d'ssus-d'ssous. Le salon qui était à droite avait été pillé, face à moi, le couloir qui menait à la cuisine offrait un spectacle de cadres brisés sur le sol. Je ne parlais même pas de la cuisine qui ne ressemblait plus à rien. Sur ma gauche se trouvait les escaliers. J'ai monté les marches quatre à quatre et me suis dirigé vers la chambre de mon ancien père adoptif. Là aussi, c'était un bordel monstrueux. Le lit avait été renversé, les armoires éventrées, les planques d'explosifs et de flingues qui étaient au sol, vidées. Y'avait plus rien à prendre ici. Mais je connaissais un endroit où j'avais encore une chance de trouver quelque chose. La chambre de mon frère. J'y suis allé rapidement et ait soulevé le tapis qui cachait trois lattes de parquets vacantes. Je les ai soulevé puis cassées en deux pour éviter d'être emmerder. Et là, c'était le jackpot. Y'avait même un mot.
 
"Je sais pas si tu reviendras, mais j'ai pris ça dans les affaires de papa. Il a de quoi faire, j'espère que ça pourra t'aider pour qu'on se retrouve.
Ryan."
 
Putain qu'est ce que je t'aime p'tit frère. Je pris le flingue, c'était le beretta 92FS de son paternel. J'ai pus aussi trouver une petite boite de munitions, un bâton de dynamite et... un couteau de chasse... Wtf ? T'es vraiment con Ryan, je sais pas me battre. Mais merci, t'es pas mon frère pour rien... J'ai fourré l'arme et la lame dans mon froc et la boite de munitions dans le sac. Je suis redescendu en dévalant les marches, manquant de me manger le mur d'en face et je suis sortis. Où est-ce que t'as bien pus aller hein ? Réfléchis Cody, réfléchis merde.
 
Son père était futé. Il savait où les emmenait. Et puis il avait des contacts. Putain, Ryan, où est-ce que t'es parti ? De nouveau, ma peau s'hérissa, mes pensées se perdirent dans des songes de terreur. Cette fois-ci, j'étais bel et bien perdu. Je savais plus où aller. Puis les sirènes qui continuaient de sonner me sortirent de ma torpeur. Il fallait que je prenne une décision. Et perdu comme j'étais, je crois que le seul choix que j'avais, c'était de suivre la meute vers le nord. J'espère te retrouver là-bas buddy.
 
Je repris ma course, ayant récupéré rapidement durant la visite de la maison. J'étais loin de ce soit disant point d'évacuation au nord. Et quand je disais loin, il me fallait facilement deux heures pour atteindre le périph' nord de la ville. Au bout de trois quart d'heure, j'en pouvais plus. J'étais à bout de force après avoir couru comme un malade. Fallait que je m'arrête cinq minutes dans ce merdier. Heureusement dans les petites rues j’avais croisé personne pour le moment. Mais c’était loin d’être le cas dans les avenues que j’apercevais… Y’avait autant de vivants que de morts qui marchaient. Et encore, à chaque fois qu’un de nous tombait, ça grossissait les rangs de ces machins.
 
J’étais contre un mur, à reprendre mon souffle en entendant des coups et de feu et des cris alentours. J’ai penché la tête dans une allée de poubelles qui donnait sur un barrage de bagnoles de flics. Ils hurlaient de pas s’arrêter, de continuer à courir vers le Nord. Ils firent feu. Je suis allé dans leur direction en courant comme mon corps me le permettait. Arrivé au barrage, j’ai vu l’agent Baritt qui appelait des renforts avec son talkie. Il croisa mon regard et s’arrêta un instant puis il me cria :

-          QU’EST-CE QUE TU FOUS ENCORE LA ?! TIRE TOI D’ICI AVEC LES AUTRES ! ALLER ! RESTE PAS PLANTER LA !

Il regarda vers le sud et reprit son arme qu’il avait posée sur le toit de la voiture.

-          AVANCEZ TOUT LE MONDE ! AVANCEZ ! ordonna-t-il en tirant.

J’ai tourné la tête dans la même direction et vit un troupeau de cannibales se dirigeait vers nous. Les cadavres s’éparpillaient, d’autres se relevaient. Ceux qui n’avaient pas encore été attaqué slalomaient entre tous ces trucs morts. J’ai reposé mon regard une dernière fois sur le flic et partit vers le Nord. Le spectacle m’avait redonné une force surhumaine et je pus courir de nouveau. Après une quinzaine de minutes, mon corps refusa définitivement de courir. Je sentais mon cœur battre comme s’il allait exploser. Mes oreilles résonnaient de tambours au rythme de ses battements. Je n'ai pas cessé d'avancer pour autant. Je marchais rapidement à côté de véhicules délaissés par nécessité. Les gens affluaient de toutes les rues. Je voyais même des zombies qui arrivaient derrière eux. Putain de putain de putain de merde ! J’étais crevé ! J’en pouvais plus ! Cependant, le destin me fit une chandelle. Je vis une moto en mauvais état qui s'était plantée dans une librairie à côté. Le véhicule était à moitié ensevelie sous une étagère. Je m'y suis dirigé et malgré son état, elle semblait pouvoir rouler. Par chance, l'étagère qui était tombée dessus ne m'emmerdait pas plus que ça pour que je puisse l'extirper. Les clefs étaient encore sur le contact. Génial. Mais au moment d'allumer le moteur, je vis une main qui sortait d'une pile titanesque de livres et de plusieurs meubles lourds.
 
- Aidez-moi... S'il vous plait, aidez moi... sortait une voix du tas.
 
J'ai allumé le moteur tout en fixant la main qui se tendait vers moi. Je n'entendais plus sa voix par le bruit du moteur qui la couvrait. Elle s'agita frénétiquement, battant l'air. J'ai chevauché la moto. Je savais comment ça fonctionnait, mais j'en avais jamais conduit. J'ai abaissé mon poignet droit. La moto rugit. Accélérateur, ok.
 
La poignée gauche, avec la pédale du même côté, c'était l'embrayage. J'ai démarré et calé. Le type recouvert hurla, me suppliant de le délivrer. J'ai remis le contact, déstabilisé par ce que j'étais en train de faire ; laisser mourir un homme. D'un côté, je m'en foutais. Mais de l'autre, j'étais plein de remords. Aller c'est bon, c'était qu'un pauvre type, tire-toi d'ici.
 
Cette fois-ci je pus démarrer et avança doucement en dehors de la librairie. La route encombrée, je me suis mis à rouler sur le trottoir. Je devais passer entre toute cette foule. Ca m'arrangeait pas. J’ai finalement viré à droite d’où d’autres habitants affluaient. J'ai passé la seconde, manquant de renverser des passants. J'avais curieusement pris le pied pour conduire ce truc. Je me suis permis d'aller plus vite. Et puis j’en avais plein le cul de pas avancer. Fallait que je me tire d’ici. Je suis retombé sur une grande route, c’était le même bordel, mais je voyais que je pouvais passer entre les voitures. Mais y’avait des bouffeurs de chaire qui venaient dans toutes les directions. J’ai de nouveau roulé vers mon salut.
 
*****
 
J'avais gardé la moto avec moi. Ça faisait deux jours qu'on était dans un campement de fortune à 20 bornes de New-York. Déjà des rumeurs circulaient disant qu'il restait encore des milliers d'habitant là-bas, qu'il y avait des infectés qui commençaient à sortir de la ville. J'avais été accueilli dans une tente comme tous les rapatriés. Des bus entiers partaient nuit et jour pour nous embarquer vers tout le pays. Ils disaient que ceux qui pouvaient partir de leur propre moyen, était autorisé à prendre la route, mais sans aucune garantie. L'idée commençait à bien me ronger.
 
Puis un soir, on a entendu des hurlements pas loin de ma tente. Après deux trois minutes, y’en a eu plusieurs puis une voix féminine cria : « Y’a des zombies ici ! Au secours ! ». Je ne savais pas ce qui m’a poussé à y aller. La peur de me faire bouffer ? Le courage ? La folie ? Mais arrivé sur place, y’avait bien une demie douzaine de monstres qui arpentaient les chemines entre les toiles de tente. Pris de panique, les habitants quittaient leur maison. J’ai sorti le bâton de dynamite que j’avais dans mon sac qui ne me quittait jamais et ait demandé désespérément si quelqu’un avait un briquet. Mais aucun ne m’écoutait. Ils couraient dans tous les sens. Puis  je me suis rappelé que j’avais piqué le briquet d’un type pour un fumer une clope la veille. Je l’ai sorti de ma poche et ai allumé la mèche. J’ai balancé mon explosif en m’écartant. Quelques secondes plus tard, il explosa, rugissant à m’en faire péter les tympans. Y’avait un trou à la place du bâton, mais deux zombies avaient survécu. Merde !
 
Soudain j’entendis au loin des coups de feu et d’explosion. Je me suis tourné vers les bruits. Le camp était attaqué. A plusieurs endroits, de nouvelles salves de tirs retentirent. Je le sentais mal. Très mal. De nouveaux cris de terreurs un peu partout m’alertèrent. Pour moi c’était clair, les morts avaient fini par envahir le campement. Des sirènes sonnèrent. Fallait que je me tire. Je suis revenu à ma bécane et l'ai enfourché. J’ai allumé le moteur et suis partit en trombe en me dirigeant vers là où il n’y avait pas de tirs. Mais très vite, on vit les flashs des armes à feu tout autour du camp. J’ai continué ma route, tentant le tout pour le tout. Les phares allumés, je me suis mis à rouler comme un dingue dans les allées et je suis finalement arrivé à un portail de grillage de fortune éventré. Ca et là, des militaires tiraient de leur position en hauteur de leur barricade sur les zombies qui ravageaient la zone.
 
Malgré les signes de plusieurs militaires, je ne me suis pas arrêté et suis sorti, bousculant dans mon sillage plusieurs corps sans vie qui restaient debout. Rester ici, c’était du suicide. New-York et ses environs, c’était du passé.
 
****
 
Deux semaines que je roulais n’importe où à bouffer tout ce que je pouvais trouver sur la route. Fallait pas que je m'arrête par ce que j'avais vu pendant le trajet. Des morts marchaient un peu partout. Et j'ai vu aussi d'autres types bizarres pillaient les malheureux qui s'étaient arrêtés. A dire vrai, j'étais désespéré. Je pleurais de nouveau. J'étais littéralement pommé. Je n'avais jamais pris la route en même temps. Depuis quelques miles, je voyais un panneau "Gastonville" mais ça ne m'arrangeait pas. Est-ce que ça allait me mener vers un endroit sûr ? Finalement, je suis arrivé au patelin. Il n’y avait déjà plus rien, outre des écritures sur les murs où on lisait « God left us », « This is the end », « Sick = Dead » et plein d’autres encore. C’était le silence complet, si l’on ne comptait pas ma moto dans le lot.
 
Je me suis arrêté à une station-service. A en juger son état, elle avait dû être vidée de fond en comble. J'ai malgré tout essayé de tirer de l'essence. Rien ne venait. Super. Je suis entré dans le magasin. Y'avait plus aucune trace de bouffe. Il restait juste des bidons de liquide de refroidissement, dont certains s'étaient vidés après avoir été esquintés. C'était vraiment n'importe quoi. Je me disais que j'allais me réveiller de ce cauchemar, mais tout semblait bien réel. J'ai cherché entre les rayons une carte qui me permettrait de savoir où j'en étais.
 
Soudain, j'entendis plusieurs moteurs vrombirent, accompagnés de "Yiii haaaa". Cinq buggys et une jeep dégueulasse s'arrêtèrent devant la station-service. Les types descendirent, observant ma moto.
 
- Eh chef ! J'ai pas souvenir qu'on ait laissé une moto ici !
 
Un autre gars, dont les bras faisaient la taille de ma tête sorti de la jeep.
 
- Non en effet on n'en a pas laissé. Trouvez l'ignorant qui se planque ici. Regardez aux alentours, je vais vérifier la station.
 
Et merde... Putain j'étais coincé. J'allais crever c'est sûr. Si ce gars-là m'en mettait une, ma tête s'arracherait de mon corps. Je me suis rapidement planqué derrière une étagère en essayant de cacher le son de ma respiration saccadée. Le type entra. Je n'avais aucune vision sur lui. J'entendais juste ses pas qui écrasaient des bouts de verre, de papier et d'autres trucs. Me trouve pas... Me trouve pas... Les pas passaient juste à côté de moi. J'ai légèrement levé la tête et vis une main massive s'appuyer contre le rebord de l'étagère. Casse-toi bordel. Casse-toi... Je sais pas s'il m'entendait, mais ma respiration me semblait faire un vacarme qu'on pouvait entendre jusqu'à à des miles à la ronde. La main s'enleva, un grand soulagement s'installa en moi, même si le chef restait dans les parages. J'ai pu reprendre le contrôle de ma respiration. Comment avait-il fait pour pas m'entendre ? Il était bouché ou quoi ? Mais en un instant une force invisible me souleva de ma planque et me balança violemment contre les réfrigérateurs. Je perdis connaissance.
 
Lorsque je repris mes esprits, le décor avait changé. J'étais ligoté dans une salle sombre où seuls quelques rayons de soleil passaient au travers de fenêtres rafistolées avec des plaques de métal ou de bois. J'étais encore vivant, et un otage en même temps. Je savais pas quoi faire. J'étais attaché de la tête au pied et baillé. Je l'avoue, la terreur c'était du pipi de chat comparé à ce que je ressentais. Qu'est-ce que ces tarés allaient me faire ? Me torturer ? Me défoncer la gueule ? Et bien sûr, ils avaient pris mon flingue et tout mon équipement. C'est dans ces moments-là que vous vous sentez vraiment impuissant.
 
Le temps passa. Il passa longuement puis une porte s'ouvrit. C'était le type au gros bras accompagné de deux sbires.
 
- Ha t'es enfin réveillé.
 
Il s'avança vers moi et me retira le torchon de la bouche.
 
- Tu sais que t'as d'la chance gamin ?
 
J'ai rien dit. Aucun son sortait de ma bouche. J'avais trop peur qu'il me défonce le crâne.
 
- T'as encore la vie devant toi. J'te connais pas, mais je vais te proposer un marché.
 
Je restais tétaniser face à ce qu'il allait m'arriver.
 
- En théorie, on ne recrute pas. Mais on a perdu des effectifs lors d'un raid à cause de ces saloperies de mort vivant. Et pour couronner le tout, une fusillade. Tu sais faire quoi dans la vie ?
 
Pas de réponse. Mon regard alternait les trois pillards masqués et armés. Leur chef sourit et plaqua violemment sa main contre de la tôle. Je me suis recroquevillé sur moi-même en un instant.
 
- T’as trois secondes pour répondre à ma question. Après je te descends.
 
- Je... Je...
 
- 3…2…
 
- Je sais faire des explosifs.
 
Les trois camarades ricanèrent.
 
- Tu te fous de ma gueule petit ?
 
- Non pas du tout m'sieur.
 
C'est bien la première fois que j'disais "Monsieur" en le pensant vraiment. J'avais clairement pas envie de crever ici. Le chef se mit à réfléchir quelques instants et me dit :
 
- J't'aurais bien testé maintenant, mais cet entrepôt de merde est vide. Tu vas venir avec nous au campement et tu vas nous montrer tes talents. Si t'as les capacités, ça pourra te sauver la mise. Sinon c'est ton flingue que t'auras comme dernier souvenir avant de mourir.
 
Il me souleva comme une plume et me balança comme un vulgaire paquet dans le coffre de la jeep. Je suis resté vachement longtemps dans ce trou à rat où je suffoquais. Il y faisait tellement chaud que j'en avais mal à la tête, genre méga insolation. Finalement, le coffre s'ouvrit m'aveuglant de la lumière du soleil. On me sortit du coffre pour me laisser tomber par terre et couper mes liens. J'ai pu me relever, mais j'avais des fourmis dans les jambes. Une main forte me poussa pour avancer. Devant moi se trouvait un grand campement où l'on entendait de la musique de déchainé, des coups de feu, des hurlements de joie comme de terreur. Y'avait des courses de voitures. Je crois bien même avoir vu des humains se faire courser par des zombies et ces tarés.
 
Putain de merde... Où est-ce que j'avais atterri ?
 
J'avais toute une escorte qui me suivait, et passant entre toutes ces taules qui faisaient guise de taudis à peine habitable, on me fit rentrer dans une sorte d’entrepôt entouré de déchets, avec un tas de matériaux et des établis fait de trépied et de plaque de métal à l'intérieur. C'était incroyable le nombre de trucs qu'ils avaient piqué. Ca passait de la simple corde à des tubes de canalisation, de petites cartouches à des roquettes. Mon regard resta sur une mine.
 
- Elle est inutilisable, y'a rien dedans, me dit le baraqué derrière moi. Ici, c'est ta salle de jugement. Prouve moi que tu peux créer un explosif et on te garde. Dans le cas contraire, tu mourras. Mais comment, ça ne sera plus de mon ressort. Tu as deux heures, pas une de plus.
 
Il quitta l’abri, me laissant avec ses deux gardes. Je n'ai pas réfléchis une seconde et me suis jeté sur les tas, essayant de trouver de quoi me sauver la vie.
 
Lorsqu'il entra de nouveau, je n'avais pas encore terminé ma bombe.
 
- C'est finit.
 
- Pas pour moi, j'en ai encore pour deux ou trois minutes ! sans contrôler l'intonation de ma voix.
 
Je l'entendis s'approchait et me pousser sans ménage sur le côté. Il regarda avec surprise ce qui se trouvait devant lui. C'était rudimentaire, certes, mais efficace et ce qu'il y avait de plus rapide à faire.
 
- Qu'est ce que c'est ? me demanda-t-il.
 
- C'est une bombe cloutée.
 
Ma bombe était en fait une bombonne de gaz vide dans laquelle j'avais planté principalement de gros clous trouvés sur quelques poutres de bois. J'avais trouvé plusieurs aérosols que j'avais insérés à l'intérieur de la bouteille après avoir enlevé le bouchon qui m'avait fait chier une bonne demi-heure. J'avais vidé aussi quelques sacoches de pétards que j'avais ficelés entre eux pour ne faire qu'une seule mèche et deux trois cartouches de fusil pas encore utilisées. Il ne me restait plus que l'autre bout de mèche pour achever mon œuvre dont j'étais, il faut le dire, rudement fière.
 
- Elle fonctionne ?
 
- Je pense que oui, mais il faudrait que je raccorde ça à l'intérieur.
 
- Fais.
 
Je n'ai pas cherché à le contre dire et me suis attelé à la tâche. 30 secondes plus tard, ma bombe était prête.
 
- Maintenant on va voir si elle fonctionne. Si elle ne fonctionne pas, tu sais comment ça se termine.
 
Je déglutis. Il me laissa porter la bombe pour l'emmener plus loin du camp et demanda à ses sbires d'en ramener. Mais ramener quoi, je savais pas encore. Il me dit de poser ma bombe sur l'étendue d'herbe qui était en train de dessécher. On a attendu une ou deux minutes dans le silence, avant d'entendre des supplications. Il y avait deux femmes aux vêtements déchirés, dont l'une d'elle avait du sang qui commençait à sécher autour de sa bouche. L'autre pleurait, suppliant de la laisser partir. Et puis il y avait un gars qui se débattait sans réel succès. Les sbires les ligotèrent ensemble et les posèrent pas loin de ma bombe.
 
- Va l'allumer.
 
- Je... Euh...
 
- Dépêche toi ! hurla-t-il.
 
Je n'ai pas bronché plus longtemps. En m'approchant de la bombe, les trois prisonniers s'adressèrent à moi.
 
- S'il te plait, ne le fais pas! Ne leur obéis pas ! Ils sont complètement tarés! Aide-nous ! me cria l'homme.
 
- Je t'en supplie... Qui que tu sois, je sais que tu n'as pas le cœur à faire ça... Je t'en conjure, ne les écoute pas. Ne fais pas exploser cette bombe. Demande leur de nous laisser partir... me dit la femme.
 
Des larmes coulèrent de mes yeux. Ils semblaient pas méchant. Pourquoi les avaient-ils traités ainsi ? Je me suis retourné vers mon kidnappeur qui ne cessait de me fixer.
 
- C'est ça... Demande leur de nous laisser nous en aller... reprit-elle.
 
J'en avais des hauts le cœur. C'était immonde ce qui était en train de se passer. Mais...
 
- Je... Je suis désolé... C'est vous ou moi...
 
- Non... NON ! N'ALLUME PAS !
 
J'ai allumé la mèche et suis parti en courant rejoindre ces malades mentaux qui avaient apportés de quoi se protéger. Je me mis derrière une tôle qu'on me donna en guise d'abris. Le prisonnier ligoté hurla :
 
- PETIT ENCULE ! FILS DE PUTE ! CREVE EN ENF...
 
BOOM. L'explosion rugit. Des clous se plantaient dans nos boucliers basiques. Certains arrivèrent même à traverser et blesser un pillard. Après quelques secondes, on entendait juste le blessé jurait du clou qui s'était planté dans sa main. Le titan qui m'avait embarqué se releva et vit les cadavres des victimes empalés de pointes métalliques. Il ricana dans un premier temps puis se mit à rire à gorge déployée. Il vint vers moi et laissa tomber sa main massive sur mon épaule droite.
 
- Bienvenue à la maison, m'accueilla-t-il en me tendant mon équipement.
 
*****
 
Après cela, j'ai rejoint les pillards un long moment. Je savais pas où j’allais. Mais on pillait tout ce qui pouvait l’être. On tuait pour le plaisir. Petit à petit, mes bricolages d’explosifs devinrent des œuvres d’arts. J’étais connu de toute la tribu par ce que je faisais, et j’expérimentais sans cesse sur les captifs mes nouvelles trouvailles. Ca allait de la simple mine personnelle à des engins de déflagration qui réduisait en cendre tout ce qui se trouvait sur plusieurs mètres à la ronde. J’avais totalement sombré dans la violence, l'abus d'alcool, de drogue et de sexe. Ça avait été une descente aux enfers pour un aller simple. Mais je m’y plaisais. Au moins, ici, personne n’avait peur de ce que les autres dans mon ancienne vie appelait « maladie », cette chose qui me rendait dingue quand je voyais des explosions. Je m’éclatais même à faire des blagues aux autres en fabriquant des p’tites merdes inoffensives qui faisaient plus de peur que de mal, même si parfois ça avait mal tourné. J’avais vraiment pris le goût de toute faire sauter, de n'avoir plus aucun respect pour la nature humaine. Les années que je passai là-bas furent quelque part, les meilleurs moments de ma vie. J'étais devenu un meurtrier à part entière, mais il y a bien une chose à laquelle je m'étais toujours refusé, c'était le viol. Et c'est ce principe qui, après plusieurs années de débauche sans limite avec cette meute de cinglés, m'a permis de m'en sortir. Et aussi grâce à Ryan.
 
Ce fut ma dernière mission avant que je parte définitivement en solitaire dans une ville appelée Salem. On l’avait investi plusieurs fois y’a pas mal de temps, mais on restait souvent au dehors. On s’en approchait plus trop d’ailleurs. Ca grouillait de zombies là-dedans, et on avait déjà perdu pas mal de monde dans ce trou. Mais le destin m’y amena pour me donner une seconde chance de vivre de mon propre chef, mais à la condition d'un lourd tribu. C’était dans une mission de reconnaissance que nous sommes tombés sur trois personnes qui semblaient chercher de la nourriture dans les zones rurales. J'étais avec Cid et Ralph. Le premier, s'était un violeur sans classe qui s'amusait à faire ces choses devant les yeux de l'autre moitié du couple. Il a baisé un peu de tout. Beaucoup de femmes, quelques hommes. Certains disent qu’il aurait baisé des animaux aussi. Mais on l’a jamais vu le faire. Pourtant ça m’étonnerait même pas de ce taré. Ralph quant à lui, son truc c'était de démolir des têtes et démembré des mâchoires pour pisser dans la bouche des victimes. Je me demandais d'ailleurs s'il n'était pas impuissant. Mais il disait qu'il faisait ça car c'était plus propre que de pisser par terre. Et puis moi… Ben fallait que ça fasse Boom. Boom ! BOOM ! Que ça pète de partout !
 
Les trois victimes n’eurent le temps de réagir que nous étions déjà en train de descendre du buggy, arme pointée vers eux.
 
- BOUGEZ PAS ! ordonna Cid. Toi la pute ! Viens là ! Le crouton de merde tu te mets à côté de ta demi-portion ! Ralph ligote les !
 
Mais le vieux n'obéit pas et chargea Cid qui était le plus proche d'eux. Mon compagnon lui tira deux balles dans la jambe. La cible tomba net à plat ventre à cinquante centimètres du pied de Cid.
 
- Je t'ai dit quoi petite merde ? HEIN ? HEIN ?!
 
Il le prit par les cheveux mais l'homme tenta de lui mettre une droite. Ralph ne perdit pas une seconde et tira une balle dans le dos du type qui hurla de douleur.
 
- Putain mais t'es vraiment con le vieux ! TU TE BOUGES SALOPE ? VIENS-LA ! Merde j'en ai marre d'attendre pour baiser ! A chaque fois c'est la même chose !
 
La femme tomba à genoux, pleurant toutes les larmes de son corps.
 
- Non je vous en supplie, laissez-nous, on ne vous a rien fait de mal !
 
- Ta gueule ! continua Cid en lui donnant un coup crosse de son flingue.
 
Le gamin s'emporta et se jeta sur Cid. Ralph réagit aussitôt et plaqua violemment par terre le jeune. Pour calmer ses ardeurs, il lui mit plusieurs pains dans la gueule. Sa victime était K.O. Il lui déboita la mâchoire puis ligota le père et le fils ensemble.
 
- Ils deviennent de plus en plus robuste ces temps-ci. Je crois bien que c'est dans le jeune que je vais pisser.
 
- Attends attends attends ! Je veux d'abord qu'ils assistent au spectacle !
 
Cid choppa la femme par la crinière et la mit à quatre pattes, bouche de canon sur la tempe.
 
- Si tu bouges, je t'éclate la cervelle. Si t'es gentille, je le te laisserais peut être en vie. Pigé ?
 
Généralement, il préférait quand la victime se débattait, mais à priori, aujourd'hui, il avait pas la patience et voulait faire vite. Les femmes étaient souvent plus dociles lorsqu'il leur laissait l'espoir de vivre. Il déchira la jupe de la femme ainsi que ses sous-vêtements et baissa son froc. Ralph observait la scène qui se déroulait devant nous. Il regarda alternativement Cid qui violait la femme et les deux hommes ligotés et dit :
 
- Finalement, elle me tente bien. Surveille les deux autres abrutis.
 
- Ok. Mais dépêchez-vous, vous savez que j'aime pas trop ça.
 
- T'es vraiment qu'une mauviette Cod'.
 
J'ai sorti mon Beretta en direction des deux gars ficelés. Le jeune reprenait peu à peu ses esprits, le père pleurait. Mais lorsque je finis par croiser le regard du gamin qui avait reconnu mon flingue, j'ai reçu comme une décharge, une sensation bizarre qui me parcourut tout le corps. Mes yeux se sont grand ouverts. C'était Ryan.
 
Je suis resté quelques secondes figé, comme paralysé par ce qui était en train de se passer. Tous mes souvenirs d'enfance me sont revenus de plein fouet, tous ces rires, ces pleures, ces engueulades. Tout. Ma deuxième mère qui me faisait à manger. Mon deuxième père qui nous racontait ses histoires. Le procès qui m’avait détruit. Mais je ne leur en voulais pas. J'ai rapidement tourné la tête vers mes deux camarades et ai hurlé :
 
- NON !
 
J'ai tiré une balle dans la poitrine de Ralph. Cid, surprit par le coup de feu, appuya involontairement sur la gâchette qui explosa la cervelle de ma seconde mère. Je lui sauté dessus alors qu'il était encore à poil et l'ai rué de coups sur le crâne. Je me retenais plus. J'étais dans une folie meurtrière. C'était incontrôlable. Je n'ai cessé de le marteler de coups pendant une trentaine de secondes. Je l'ai finalement lâché et lui ait attaché ma dernière bombe, ma préférée, qui était une boule cloutée avec du gaz explosif à l'intérieur. Il respirait à peine, mais je l'entendais murmurer "fils de... fils de...". Avant d'armer la bombe j'ai libéré les deux O'connel restant, mais tous les deux étaient en mauvais état. Mon père était en train de mourir, mais je voyais du dégoût dans ses yeux mélangé à de la mélancolie. J'ai chialé comme une merde. Je n'avais plus pleuré depuis j'avais fait explosé ma première bombe chez les pillards. Mais là, je ne voyais plus rien de net. Ma main lâcha le flingue pour toucher le visage de chacun d'eux.
 
- Je suis désolé... Je suis désolé... Si j'avais su... Je vous ai cherché... Je suis désolé...
 
Ryan prit difficilement la parole par ce que Ralph venait de lui faire subir.
 
- Tu m'as retrouvé Cody... Tu m'as retrouvé...
 
- Oui ! Oui je vous ai retrouvé ! Viens je t'emmène avec papa ! On se casse les autres vont pas tarder !
 
- Nan... Cody... Regarde... Maman... Regarde... Papa... Moi... Nous sommes... Morts... Regardes toi... Le Cody... Que j'ai connu... Mort aussi...
 
- Va chier Pryam ! lâcha une voix derrière moi.
 
Je me suis retourné et Cid activa la bombe. J'eus tout juste le temps de me planquer derrière l'épave roulante de mon ancienne famille que mon engin explosa, répandant dans toutes les directions ses projectiles mortels. Dès le boucan finit, je revins vers Ryan qui avait reçu trois clous dans le crâne, mon père quelques-uns en plein cœur.
 
- NON PARS PAS ! PARS PAS RYAN ! JE T'EN SUPPLIE PARS PAS ! Je viens à peine de te retrouver…
 
Je me desséchais sur place, pleurant sur les cadavres de mon frère et de mes parents. Après quelques minutes, j'entendis des moteurs d'engins se rapprochaient. Les autres allaient arriver. Je devais m'en aller. Mon temps chez les pillards était révolu. La voiture était inutilisable par les pneus crevés, le buggy avait reçu des clous dans le réservoir d'essence qui se déversait tout autour. Je suis parti à pied. Salem n'était pas très loin en voiture. J’espérais simplement arriver avant la tombée de la nuit.
 
Aujourd'hui, ça fait 6 mois que Salem est ma nouvelle maison. Je vis sans avoir de réelle existence. Je vole ce qui peut l'être pour survivre. Je dors où je peux. Salem est bien loin de pouvoir offrir le confort que j'avais chez les pillards.
 
Mais au moins, je gouvernais ma propre vie, je vivais pour Ryan.

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Et dire que j'ai loupé le bombardement de New-York... Ça a dû être un sacré feu d'artifice !


Dernière édition par Cody Pryam le Dim 26 Juil - 18:25, édité 3 fois
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Arme à feu : Beretta 92 FS

Arme de corps-à-corps : Couteau de chasse


Sac à dos : Petit sac à dos (10 places)


Objets de départ : 2 rations de nourriture, 1 petite boîte de munitions, 1 trousse de soin.

 

NB : Ces trois objets ne comptent pas dans votre 15 point d'encombrement de base.



 
Derrière l'écran

Votre pseudo : KRSM ou "K" au choix  

Avez-vous plus de 18 ans ? Et vacciné !


Vos expériences en JDR : RPiste sur un jeu de navigateur, Eleris (+ écriture personnelle)


Comment avez-vous trouvé notre forum ? J'avais bien envie de retaper sur du RP et étant en période Zombicide mon cher ami google m'a permis vous trouver !


Des suggestions ou des remarques à faire ? Dans profil, les petites bannières profil, signature etc... C'est vert sur sur fond vert/marron faut plisser un peu des yeux pour le voir ^^. Sinon très complet et très poussé, un travail admirable !



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Et dire que j'ai loupé le bombardement de New-York... Ça a dû être un sacré feu d'artifice !


Dernière édition par Cody Pryam le Dim 26 Juil - 18:18, édité 1 fois
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Remise à niveau des différentes caractéristiques de Cody :
- Arme de poing montée à 2
- Arme de trait et de jet réduit à 0
- Biochimie montée à 3
- Explosif plastique réduit à 1
- Bombe artisanale montée à 4
- Bombe incendiaire montée à 3

(nombre total de points inchangés)


Histoire de Cody :

- Approfondissement de l'histoire pré-apocalyptique de Cody avec remaniement des contacts avec explosif. Quelques passages ajoutés afin de mieux comprendre le comportement de Cody.

- Approfondissement de l'histoire post-apocalyptique de Cody : Ajout de passages ainsi que remaniement afin de saisir le vécu durant l'infection, redéfinition des dates pour mieux suivre les précédentes saisons.

Global :

- Séparation des différentes parties : longueur des textes trop importantes pour être dans un ou deux post simultanément.


En attente de nouvelles remarques si il y en a.

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Et dire que j'ai loupé le bombardement de New-York... Ça a dû être un sacré feu d'artifice !
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Ton personnage est désormais validé, tu intègres le groupe des Survivants.

Tu as maintenant accès à ton Espace Personnel dans lequel tu devras ouvrir trois nouveaux sujets :
• Un pour tes bilans RP.
• Un pour tes relations.
• Un pour tes lancers de dé.

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Rumeur : Y'a quelqu'un qui court vite dans les environs. Vous l'avez vu ?

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Merci de l'acceptation, j'espère que vos yeux n'ont pas trop piqué lors de la lecture Smile


A très vite

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Et dire que j'ai loupé le bombardement de New-York... Ça a dû être un sacré feu d'artifice !
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Cody Pryam
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